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Fiche artiste · Musique amazighe

Houria Aïchi

La voix des chants de l'Aurès

Chant chaouiAurèsMusiques du mondePatrimoine amazigh
17
OCT 2026

En concert à Montréal

Le National · 1220 rue Sainte-Catherine Est · Portes 19h, spectacle 20h

Il y a des chanteuses qui interprètent un répertoire. Houria Aïchi, elle, est allée le chercher.

Depuis plus de quarante ans, elle porte sur scène les chants traditionnels de l'Aurès, le massif montagneux de l'est algérien où l'on parle chaoui. Un répertoire qui ne s'écrivait pas, qui ne s'enregistrait pas, et qui se transmettait de bouche à oreille — surtout entre femmes.

Une sociologue devenue chanteuse

Sa formation en sociologie explique beaucoup de son travail. Là où d'autres auraient repris quelques airs connus, elle a mené un véritable travail de collecte : recueillir les chants auprès de celles qui les détenaient encore, les documenter, comprendre à quoi ils servaient — le mariage, le deuil, le travail, la dévotion, la fête.

Ce qui donne à son répertoire sa cohérence, et à ses concerts leur poids. Ce ne sont pas des morceaux choisis, c'est un ensemble reconstitué.

« Un répertoire qui n'était écrit nulle part, sauf dans les mémoires. »

L'Aurès, hors des frontières

Installée en France, Houria Aïchi a fait entendre ce répertoire sur des scènes internationales pendant des décennies, à un moment où presque personne ne le connaissait hors d'Algérie. C'est en grande partie par sa voix que le chant chaoui a rejoint le circuit des musiques du monde, aux côtés des autres expressions amazighes.

Son parti pris scénique n'a pas beaucoup changé : peu d'instruments, pas d'arrangement chargé, la voix devant. À Montréal, elle sera accompagnée de Ptit Moh à la mandole, Adhil Merghani aux percussions et Philippe Botta à la flûte. Trois musiciens, des sonorités traditionnelles, et un répertoire qui va du chant d'amour à la pièce de fête jusqu'au texte spirituel.

Chaoui, kabyle : de quoi parle-t-on ?

Houria Aïchi ne chante pas en kabyle, et c'est une distinction qui mérite d'être faite clairement.

  • Le chaoui (tacawit) est la langue amazighe de l'Aurès, dans l'est de l'Algérie — les wilayas de Batna, Khenchela, Oum El Bouaghi et alentours.
  • Le kabyle (taqbaylit) est celle de la Kabylie, plus au nord-ouest — Tizi Ouzou, Béjaïa, Bouira.

Deux langues amazighes distinctes, deux répertoires musicaux distincts, deux histoires régionales. Mais le même arbre : celui des Imazighen d'Afrique du Nord. Sur Kabylie Guide, on annonce les rendez-vous kabyles en priorité — et les grands rendez-vous amazighs quand ils passent près de chez nous. Celui-ci en est un.

Vous connaissez son travail, vous avez vu un de ses concerts, vous voulez corriger ou compléter cette fiche ? Écrivez-nous — les fiches artistes s'enrichissent avec le temps.